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Jeudi 11 octobre 2007
 
Ci-dessous un article de Sud-Ouest paru le jeudi 11 octobre 2007
 
" La fermeture du site de Canéjan était inévitable "
Flextronics est temporairement sorti de son silence hier. Dans un entretien exclusif accordé à " Sud Ouest ", François Barbier, patron de la division Special Business Services du géant singapourien, dont dépend le site de Canéjan, s'est expliqué sur les raisons de la fermeture de l'établissement girondin. Il a par ailleurs détaillé les propositions qu'il avait faites un peu plus tôt aux syndicats sur les indemnités de licenciement et les modalités d'aide à la réindustrialisation du bassin. En marge d'une assemblée générale organisée par les syndicats, le personnel, qui était toujours en grève hier soir, se prononcera ce matin à bulletin secret sur ces propositions. " Arrêt de la production le 31 mars ". Selon François Barbier, celles-ci ne pourront pas être mises en oeuvre si le travail n'a pas repris aujourd'hui à 13 heures. Confronté à un arrêt total de la production du site depuis lundi matin, Flextronics a fait un geste relativement substantiel pour débloquer la situation et arrondir les dédommagements versés aux 540 salariés. Initialement, le groupe singapourien avait annoncé une enveloppe de 34 millions d'euros pour l'ensemble des indemnités. " Nous avons accepté de mettre 10,5 millions d'euros supplémentaires, soit 30 % de plus ", dit François Barbier. 1,5 million d'euros pour la réindustrialisation du bassin.
Du coup, le montant plancher de l'indemnité approchera les 60 000 euros. Et en fonction de l'ancienneté des salariés, il pourrait être compris entre 26 mois et 45 à 50 mois de salaire.
Le site, qui travaille notamment pour Schneider et pour Thales, ne fermera pas ses portes tout de suite car un certain nombre de charges sont difficiles à transférer vers d'autres établissements à court terme. " Nous envisageons un arrêt de la production au 31 mars ", a précisé François Barbier. Mais il n'est pas totalement inenvisageable qu'une partie de l'activité continue à s'opérer à Canéjan sous la responsabilité d'autres industriels.
François Barbier n'exclut pas, en effet, que certains clients de l'unité se refusent à transférer vers l'étranger certaines productions stratégiques. Flextronics serait prêt à favoriser la reprise partielle du site et des machines " à des conditions favorables ". Un ou deux industriels se sont déjà manifestés dans cette perspective. En tout état de cause, Flextronics est prêt à débourser au moins 1,5 million d'euros pour la réindustrialisation du bassin, comme la loi lui en fait d'ailleurs l'obligation.
La pression des clients.
Selon François Barbier, la fermeture de Canéjan était inévitable. " Le site, dit-il, avait encore un chiffre d'affaires d'environ 7 millions de dollars par mois. Mais il risquait de se réduire rapidement à 7 ou 8 millions de dollars par trimestre car les clients nous poussent au maximum à transférer les productions vers des pays à bas coût pour baisser les prix de revient. Ils reçoivent eux-mêmes des pressions en ce sens, comme le montre l'exemple d'Airbus, avec le plan Power8. " Dans ce contexte, l'usine girondine n'est malheureusement pas la seule à faire les frais de cette course à la baisse des prix. Flextronics ferme également son établissement de Châteaudun, ainsi que des sites de Turquie et de Caroline du Nord, tombés dans son escarcelle lors de la fusion avec Solectron. Le géant singapourien garde en revanche son unité de Saint-Etienne. " Elle n'emploie que 160 personnes, dit François Barbier. Et je ne suis pas sûr qu'en dehors de pays à bas coût on puisse maintenir des sites beaucoup plus importants. " " Plus courageux " de tirer un trait. Pour le patron de Flextronics, le maintien de Canéjan n'aurait pu s'effectuer qu'à condition de supprimer environ 70 % des emplois existants. " Les salariés avaient déjà subi huit plans sociaux. Il aurait fallu en faire un neuvième pour supprimer les deux tiers des emplois. Le discours n'aurait pas tenu la route une minute. "
En conséquence, François Barbier a jugé " plus courageux " de tirer un trait sur le site. Le montant des dédommagements proposés hier permettra vraisemblablement d'atténuer l'ampleur du drame auquel va se trouver confronté le personnel. Mais la grande majorité des salariés gardera sans doute un triste souvenir des dernières années d'un site pour la survie duquel la plupart ont lutté sans relâche. 

Bernard BROUSTET


par CFDT Flexlaval publié dans : CFDT Flexlaval
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Commentaires

Après les cruelles expériences de Flextronics Laval et Chateaudun, on ne peut que déplorer l'incapacité des Syndicats à mieux défendre l'emploi dans des bassins déjà bien sinistrés.
Bref, l'action syndicale se résume à "compter les points".
Pour l'instant, la France est battue par les Pays dits "émergeants".
Heureusement qu'il nous reste la coupe du monde de Rugby pour espérer briller un peu.
Du pain et des jeux, qu'ils disaient.
commentaire n° : 1 posté par : Un ancien d'Alcatel le: 12/10/2007 09:32:55
Réponse à l'ancien d'alcatel.

Et qu'est ce qu'ils auraient pu faire les syndicats pour empêcher une fermeture de site ???

 

Si t’as une réponse miracle, merci de la donner.

C’est facile de râler mais faut savoir de quoi on parle.

Les syndicats n’ont qu’un seul pouvoir, celui de faire la grève. Et une grès lorsque le site va fermer, les dirigeants, ils s’en tapent complètement…

Allez va boire ta bière en ronchonnant !

commentaire n° : 2 posté par : Jacques le: 01/11/2007 05:14:26
Je rejoins l'avis de "un ancien d'alcatel" . Sans remettre en cause l'action des syndicats au niveau local , on peut tout de même regretter l'absence totale de réaction des organisations syndicales au niveau national devant ce pillage organisé de notre industrie electronique . Flextronics , Jabil , Solectron et Sanmina : autant de noms inconnus du grand public et pourtant à l'origine de milliers de licenciements . Pour info : Sanmina Cherbourg ( ex-Alcatel ) va fermer au printemps prochain , encore 300 personnes ( dont je fais parti ) vont se retrouver au chomage .
commentaire n° : 3 posté par : un autre ex-alcatel le: 21/11/2007 23:19:56

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