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| Villepin conteste toute polémique sur les chiffres du chômage |
| Alors que le gouvernement se targue d'avoir ramené le taux de chômage autour de 8%, un collectif d'associations dénonce le détournement des chiffres.
Dominique de Villepin s'est félicité mardi de la baisse du chômage qui confirme « la très bonne tendance » des derniers mois. S'exprimant lors de sa conférence de presse mensuelle, il a affirmé que l'année 2006 sera pour l'emploi « la meilleure année depuis 2000 ». Le premier ministre estime ainsi que le taux de chômage devrait avoisiner 8% dans les prochains mois, après 8,7% de novembre dernier. Il juge donc « aberrante » et « stérile » la polémique sur les chiffres du chômage qui s'est développée depuis quelques temps. Quant à la décision de l'Insee de reporter la publication de ses statistiques sur l'Emploi après les élections, le Premier ministre a soutenu que « le gouvernement n'a rien à voir avec cette affaire ». Selon le Canard Enchaîné, alerté sur ce report par Les Echos, l'enquête de l'Insee aurait en fait établi un taux de chômage de 9,2%, donc nettement supérieur (de 0,5 point) au chiffre de l'ANPE. L'Insee a invoqué des raisons techniques l'empêchant de publier pour l'instant son chiffre. Ce que le directeur général de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil, a trouvé « très regrettable », car l'enquête de l'Institut permet de mesurer le chômage au sens du Bureau International du travail (BIT). Celui-ci définit le chômeur comme une personne qui n'a pas travaillé pendant la période de référence et est à la recherche d'un emploi. Or, selon Jean-Pierre Revoil, « on peut être chômeur au sens du BIT et ne pas être inscrit à l'ANPE ». Si, on assiste « depuis 2005 à une envolée spectaculaire du taux de sortie des listes de l'ANPE », cette hausse « ne correspond pas à des reprises d'emploi supplémentaires », dénonce un collectif d'associations et d'économistes, « Les autres chiffres du chômage » (ACDC). Selon lui, trois catégories de chômeurs non inscrits ont fortement augmenté: « les chômeurs radiés, les chômeurs déboutés et les chômeurs dégoûtés ». Il s’agirait notamment des gens ayant perdu leurs droits Assedics, et qui ne voient plus l'intérêt de s'inscrire à l’ANPE. « Cela résulte essentiellement de la réforme de l'Unedic qui a restreint les droits des chômeurs », précise Thomas Coutrot, économiste et co-fondateur du Réseau d'Alerte sur les Inégalités. Ou encore de ceux que découragent les nouvelles mesures de contrôle. Enfin, « les radiations ont connu une hausse importante, de 39% », selon Thomas Coutrot. « On nous parle d'une décrue du chômage », mais la part de ces « chômeurs invisibles a énormément augmenté depuis deux ans », explique Pierre Conccialdi, du collectif ACDC. Par ailleurs, l'association dénonce la prise en compte très partielle des chômeurs inscrits à l'ANPE. Une seule catégorie serait retenue par le gouvernement pour annoncer les chiffres du chômage: la catégorie 1, qui comprend les personnes à la recherche d'un CDI et immédiatement disponibles. Certes cette catégorie a diminué de 10% en 2006, mais cette baisse, selon ACDC, ne reflète pas la situation de tous les demandeurs d'emplois. Ainsi, ne sont pris en compte ni les personnes qui effectuent un travail à temps partiel, mais sont aussi à la recherche d'un emploi, ni ceux qui bénéficient des dispositifs d'aide au reclassement, ni les quelque 416.000 dispensés de recherche d'emplois (du fait de leur âge, notamment). « On nous parle de 2 millions de chômeurs, alors qu'il y a 4,5 millions de personnes inscrites à l'ANPE ! », remarque Pierre Conccialdi. Au crédit du gouvernement, on rappellera que celui-ci a réactivé à partir de mi-2005 le traitement social du chômage. Mais, cela a eu comme conséquence, relève Eric Heyer, économiste à l'OFCE, de faire baisser la catégorie 1, alors que « la catégorie 5, par exemple, a explosé ». La hausse de cette dernière catégorie, qui inclut les personnes bénéficiant des dispositifs d'aide au reclassement (formation, emplois aidés...), a été de 47% en 2006, mais cela ne fait pas partie des chiffres affichés par le gouvernement. | |
| Céline About |
Sachant que le SMIC horaire est passé successivement de 5.78 euro en 1996 (à l’époque on parlait encore en franc, mais à part Nicolas Dupont-Aignan personne ne s’en souviens) à 8.27 euro en 2006 ... la moyenne des augmentations annuelles du SMIC au cours des dix dernières années aura été de 3.66% par an.
Cela correspond tout simplement à l’application de la loi qui impose une augmentation du salaire minimum d’au-moins l’inflation augmentée de 50% de la hausse du pouvoir d’achat du salaire ouvrier. Certes, il y a de temps à autre ce que l’on appelle joliment les « coups de pouce » au-delà de ce service minimum, mais ils se font de plus en plus rares.
Résultats des courses, aujourd’hui en février 2007, pour 35 heures hebdomadaires de travail (un petit merci à M. Jospin en passant, le pauvre homme, personne ne l’a jamais remercié, quels ingrats ces travailleurs), le SMIC est actuellement de 1.254.31 euro. Qui peut franchement dire que l’on peut vivre décemment (sans même parler d’aisément) avec ça ... ?
Revenons-en donc à notre petit problème de calcul mental. Savez-vous de combien sera ce SMIC dans 5 ans si on applique la même augmentation annuelle de 3.66%, comme pendant les dix dernières années ? Je vous le donne en mille ! Et bien, cela fera très exactement 1.501,11 euro !
Bravo Ségolène. Certificat d’étude réussi avec mention passable.
Il restera même 1 euro et 11 cents pour le pourboire !
Allez, Madame Royal, encore un petit effort, dîtes-nous, c’est quand dès que possible ?
Bon, inutile d’en rajouter, cette promesse là est non seulement ridicule mais elle est bien entendu mensongère et fictive. Si nous n’avions pas l’intime conviction de l’immense compassion de Ségolène pour les smicards, on dirait même qu’elle est indigne et coupable cette promesse.
Reste alors la question de fonds: à quoi ça sert d’augmenter le SMIC ?
Malheureusement, la gauche se cache derrière le caractère mythique de ce sigle à quatre lettres hérité des combats héroïques de nos aînés sur les barricades. Rappelez-vous.
1950. Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) entre en vigueur en France. Le nouveau dispositif impose le principe d’une rémunération minimale en dessous de laquelle aucun salarié ne peut être payé. Déterminé en fonction du budget type d’un ménage, le SMIG permet de garantir un pouvoir d’achat minimum aux ménages les plus modestes.
1952. Le SMIG est indexé sur les prix.
1970. Il est remplacé par le SMIC (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) et intègre une indexation au prix et à la croissance du pouvoir d’achat.
Souvenez-vous de Grenelle ! Ah, le bon temps des Conférences Salariales !
Que nous dit-elle Ségolène ? « Je m’engage à la hausse du SMIC à 1500 euros par mois et à une hausse des bas salaires juste au-dessus du SMIC qui sera fixé par les partenaires sociaux dès le mois de juin 2007 dans le cadre de la conférence sur les salaires et, pour que cet objectif, pour que cette augmentation puisse se faire pour les bas salaires le plus rapidement possible, sans pénaliser les petites entreprises, je m’engage à mettre en place un plan massif de formation professionnelle, débouchant sur un système gagnant/gagnant. »
Le problème, c’est que l’on sait que tout ceci ne marche pas. Même discours depuis vingt ans. Conférences après conférences, le nombre de salariés payés au SMIC augmentent en même temps que le SMIC lui-même. En douze ans, le nombre de salariés payés au SMIC a doublé en France, pour atteindre le pourcentage, jamais égalé, de 16,8 % des effectifs du secteur privé.
Ce ne sont pas ces vagues promesses sur la formation professionnelle qui inciteront les entreprises à augmenter massivement et tout de suite l’ensemble de l’échelle des salaires, alors même que tout le système des allègements de charge les conduit au contraire à concentrer les salariés au niveau du SMIC ou juste au-dessus.
Même Yves Housson (« Le smic, une conquête, un combat », VO éditions) le dit dans l’Humanité: « Ce n’est pas un hasard, (...) si les effectifs des smicards ont commencé à gonfler au moment - début des années 1990 - où les pouvoirs publics ont accordé aux patrons de premières baisses de cotisations sociales. Celles-ci, au niveau du SMIC, ont été divisées par 4 entre 1990 et 2005. Ces allègements s’appliquent, de façon dégressive, jusqu’au niveau de salaire de 1,6 SMIC. D’où le phénomène, bien connu, de « trappe à bas salaires ». Du coup, chaque fois que le SMIC augmente, fut-ce modestement, un plus grand nombre de salariés se retrouvent dans le wagon de queue, dans la catégorie des rémunérations ouvrant droit aux baisses de charges. »
Et alors, on continue ? On refait le coup de l’écrasement de la hiérarchie et de smicardisation ?
Non bien sûr nous dit Nicolas Sarkozy: « Là où nos adversaires demanderont le SMIC à 1 500 euros, je proposerai aux Français une politique visant à augmenter le pouvoir d’achat de tous les salariés en leur permettant de travailler plus pour gagner plus. » Sans commentaire. Au moins on ne pourra pas lui reprocher de faire dans la compassion ! Travaillons camarades ! Les caissières de Lidl qui ont un contrat de 26 heures par semaines apprécieront sans doute.
Encore une fois, il n’y a que François Bayrou qui sorte enfin des recettes de grand-mère (attention, j’adore les vieilles recettes, mais seulement en cuisine): « Je ne m’inscris pas dans la politique actuelle d’allègement de charges sur les bas salaires ! Je prétends qu’il faut les faires sur tous les salaires. Parce que si vous concentrez tous les avantages sur les bas salaires, le nombre des bas salaires augmente. Vous avez fabriqué un piège à SMIC. Je propose de faire respirer tout cela. »
T’as raison François. Respirons. Respirons.
Phillipe ZAOUTI
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